Défis de l’Enseignant en Classes Préparatoires : Entre Accompagnement et Savoir-faire Pédagogique

Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) sont un maillon essentiel du système Marocain hérité de celui Français car formant l'élite de demain. Cependant, derrière cette exigence d'excellence se cache une réalité complexe pour les enseignants, confrontés à des défis uniques qui dépassent la simple transmission des connaissances.
Au cœur de ces enjeux se trouvent l'obligation d'un accompagnement individualisé des élèves et la nécessité d'un **savoir-faire pédagogique sans cesse renouvelé.
L'Accompagnement des Étudiants : Un Défi Quotidien des professeurs en prépa.
L'une des spécificités des CPGE est l'intensité du rythme de travail et la pression constante qui pèse sur les étudiants. Face à cela, l'enseignant ne peut se contenter d'être un simple dispensateur de cours ; il devient un véritable **coach et mentor** une posture que beaucoup emprunte sans formation préalable. En effet, Les professeurs de prépa sont souvent les premiers témoins du stress ou la détresse de leurs élèves. La charge de travail, la compétition plusieurs fois malsaine et la peur de l'échec peuvent générer une anxiété importante. L'enseignant se doit alors d'être à l'écoute, de rassurer, de motiver et d'aider les étudiants à gérer leurs émotions. Cela demande une grande disponibilité et une capacité à identifier les signes de difficulté.
De plus et au-delà des aspects purement académiques, les enseignants sont fréquemment sollicités pour des conseils en matière d'orientation, de choix de filières et de préparation aux concours. Ils doivent posséder une connaissance approfondie des différentes écoles et des attentes des jurys pour guider au mieux leurs élèves.
Au Maroc, la question du conseil et de l’orientation devient encore plus pressante vu que les élèves ont l’opportunité (certains sont encore plus perdus) de partir faires les grandes écoles d’ingénieur et de commerce en France et le choix de l’école et la préparation mentale pour certains devient plus importante que celle du programme des concours
Malgré une sélection rigoureuse à l'entrée, les classes préparatoires accueillent des étudiants aux profils et aux rythmes d'apprentissage variés. L'accompagnement doit donc être individualisé (dans la mesure du possible) pour permettre à chacun de progresser à son rythme, de combler ses lacunes et de développer ses points forts. Cela implique un travail supplémentaire de différenciation pédagogique qui suppose une posture particulière de l’enseignant dépassant son patrimoine pédagogique et didactique.
L’enseignant en classes préparatoires et l’exigence d’un savoir être à travers la posture de coach. Le savoir-faire pédagogique en classes préparatoires ne se limite pas à la maîtrise de sa discipline. Il s'agit d'une combinaison complexe entre rigueur académique, innovation et agilité
L'objectif ultime des CPGE est de préparer les étudiants aux concours les plus exigeants. Cela implique de dispenser un enseignement d'une grande rigueur, de couvrir des programmes denses et de pousser les élèves à l'excellence. L'enseignant doit constamment se tenir informé des évolutions des programmes et des attentes des concours.
Il est tenu même officieusement à avoir des résultats satisfaisant particulièrement dans les centres de prépa privés ou le professeur est évalué sur ces résultats.
Dans ces conditions de travail hautement exigeantes, les professeurs sont constamment stressés et vivent un mal être pour la plupart à tempérament perfectionniste et malmenés par le syndrome d’imposteur. Développer des compétences douces et acquérir d’autres techniques que pédagogiques pour bien vivre sa profession et s’épanouir dans sa vocation nécessitent un travail de développement personnel ou la relation à soi et la relation à l’autre deviennent conscientisées.
Sur un autre registre, maintenir la motivation d'étudiants soumis à une pression constante est un art. Les professeurs doivent varier leurs approches, rendre les cours stimulants, proposer des défis intellectuels et célébrer les progrès, même minimes. Utiliser des méthodes pédagogiques actives, des études de cas ou des projets peut aider à dynamiser l'apprentissage certes mais la motivation est complexe et sa régularité demande au professeur de chercher, comprendre et raviver sa flamme !
Enfin, les emplois du temps en prépa sont particulièrement chargés. L'enseignant doit aider les élèves à organiser leur travail, à gérer leur temps efficacement et à adopter des stratégies pour faire face au stress des examens et des concours blancs. Cela peut passer par des conseils méthodologiques, l'apprentissage de techniques de relaxation ou la mise en place de rituels de travail. A ce niveau aussi, la posture de coach avec toutes les techniques de gestion du temps et du stress sont indispensables.
Tous ces défis ont des répercussions directes sur les enseignants. La charge de travail est souvent très lourde, incluant non seulement les heures de cours, mais aussi la correction de copies (colles, devoirs), la préparation des cours, les entretiens individuels, les conseils de classe et la participation aux jurys de concours. Le burn-out est un risque réel pour des professionnels qui se donnent sans compter pour la réussite de leurs élèves.
En conclusion, être enseignant en classes préparatoires, de par mon expérience, est bien plus qu'un métier ; c'est un engagement profond. Cela demande des compétences académiques de haut niveau, mais aussi une grande empathie, une capacité d'adaptation constante et une solide résistance au stress. Relever ces défis nécessite une posture plus holistique afin de garantir l’épanouissement pour l’enseignant et pour ses élèves.